Après le hamac en forêt, elle décide de vivre dans une Tiny House !

Publié par L'équipe AgriVillage le

Cette semaine, nous vous proposons de partir à la rencontre de Sylvie, une jeune aventurière des temps modernes. Après de nombreuses expériences de vie en pleine nature, elle décide, malgré les difficultés administratives, de s’installer à l’année dans une maisonnette éco-responsable : une Tiny House.

Crédit : Stéphane Kempf – Photoval

Entretien avec Sylvie, ostéopathe d’un petit village alsacien, qui a décidé de ne rien faire comme tout le monde !

  • Bonjour Sylvie. Pour commencer, racontez-nous votre histoire, vos aventures. Comment en êtes-vous arrivés à la vie en Tiny House ?

« J’habitais à la base dans une grande maison avec mon compagnon. J’étais très enthousiaste à l’idée d’habiter sur une grande surface. À l’époque, je pensais que mon bien-être passait forcement par beaucoup d’espace. Je me suis vite rendu compte que je faisais fausse route. Le ménage et les différentes tâches relatives à l’entretien d’une grande maison ne m’intéressaient pas du tout ! J’ai commencé à fermer des portes et c’est à ce moment là que je me suis posé cette question : dans combien de mètres carrés je vis réellement ? C’est cette question qui a rythmé les années suivantes de ma vie. Au moment de ma séparation, j’ai cherché quelque chose de radicalement plus petit et plus original ! En plein hiver, il n’était pas question de faire du camping. J’ai eu l’opportunité d’acquérir un camion 4×4 aménagé dans lequel je suis resté presque 1 an et demi. Ce mode de vie dans 6m2 tourné vers l’extérieur et la nature m’a immédiatement séduite. Changer de jardin toutes les semaines me plaisait énormément. »

  • Comment associer ces modes de vie originaux et votre cabinet d’ostéopathie ?

« Ça ne m’a jamais réellement posé de problèmes. J’étais consciente que ça pouvait faire peur à certaines personnes c’est pourquoi je faisais en sorte que le moins de monde possible soit au courant. Je faisais comme si j’étais « normale ». Honnêtement, j’adorais ma vie de nomade. Je garais mon camion tous les soirs à un endroit différent. En maison ou en appartement, je ne prenais pas le temps d’aller me promener dans la forêt, d’aller chercher les châtaignes… J’ai malheureusement dû revendre mon camion mais démotivée à l’idée de reprendre une vie « classique », j’ai décidé de vivre quelques mois en hamac en pleine nature ! »

  • Après toutes ces expériences incroyables, comment êtes-vous arrivée à la vie en Tiny House ?

« Lorsque j’étais encore en hamac, je suis tombé par hasard sur un livre sur les Tiny House que j’ai dévoré en quelques heures. Ça a été le coup de foudre et je me suis promise d’habiter dans une de ces maisonnettes le plus vite possible. Au premier abord, ça paraissait clairement infaisable. Cette Tiny représentait des finances que je n’avais pas, un terrain que je n’avais pas… Mais en y réfléchissant bien, je me suis dit que j’avais toute la vie devant moi et qu’en mettant tous mes efforts, je finirais bien par y arriver. Pendant ces derniers mois en hamac dans la forêt, le projet grandissait dans ma tête. J’ai donc passé l’hiver en appartement pour profiter de ces quelques mois pour chercher le terrain, trouver un constructeur et un banquier prêt à me suivre dans cette nouvelle aventure ! »

  • En parlant de la recherche de terrains, avez-vous rencontré des difficultés pour faire accepter votre projet ?

« Oh que oui ! Je me suis rendu compte que l’atypique effrayait beaucoup de monde. Trouver un terrain où installer ma Tiny a été un véritable parcours du combattant. Après des multiples refus des services d’urbanisme de ma commune et de mon département, j’ai bien failli abandonner. Mais la Tiny House était là, je devais trouver un terrain où vivre les prochaines années dans mes quelques mètres carrés sur remorque. J’ai fini par trouver un terrain qui appartenait à des gens adorables qui m’ont soutenu le plus possible. Je ne pouvais plus supporter d’entendre certains de nos politiques encourager l’écologie alors que l’installation de ma Tiny écoresponsable posait autant de problèmes. Après des mois de négociation et une précision inespérée que la mairie a bien voulu apporter au PLU, j’ai enfin eu l’autorisation de m’installer. »

  • Vous parlez de logement éco-responsable, pouvez-vous nous dire en quoi une Tiny House est écologique comparée à une habitation classique ?

« Quand je me suis installé dans ma Tiny House, je me suis rendu compte que je n’avais en réalité aucun bilan de ma vie d’avant en maison classique. Tout ça parce qu’avant je ne faisais pas gaffe ! J’éteignais la lumière en sortant des pièces et baissait le chauffage dès que je pouvais pour me donner bonne conscience. Je me croyais écolo mais franchement c’était discutable. Je suis désormais autonome en électricité grâce à mes 6 panneaux solaires et j’ai calculé que je suis dans la moyenne par habitant au niveau de la consommation d’eau : c’est à dire 140 litres par jour ce qui est juste énorme ! Je n’ai malheureusement pas eu l’autorisation d’être autonome au niveau de l’eau car le logement aurait été classé insalubre… J’ai développé quelques astuces pour utiliser l’eau de façon optimale comme arroser mes plants de tomate avec l’eau de ma douche, ce qui fonctionne parfaitement bien ! J’ai fait le choix de ne pas installer de toilettes sèches mais quand je vois l’inutilité navrante de la consommation de ma chasse d’eau, je vais me tenir informée des nouveaux dispositifs de toilettes écologiques !

  • Beaucoup doutent de l’efficacité d’une installation électrique autonome aux panneaux solaires. Comment le vivez-vous ?

« Le seul problème est apparu plus de 300 jours après mon installation, lorsque plusieurs jours de neige ont paralysé la production de mes panneaux solaires. J’ai donc vécu quelques jours pas évidents, à base de douche froide et de bougie… Les quelques jours les plus froids d’hiver nécessitent simplement un peu d’organisation et d’anticiper en coupant par exemple l’électricité dans la journée d’avoir tout le confort pour le soir ! J’ai appris à ne plus avoir besoin de l’électricité 24 h/24 »

Crédit : Stéphane Kempf – Photoval
  • Pensez-vous que ce genre d’habitats minimalistes pourront à l’avenir, devenir envisageables pour beaucoup d’entre nous ?

« Avant d’expérimenter tous ces modes de vie alternatifs, j’avais une idée complètement fausse de ce qui me convenait réellement. Il a fallu que j’essaye pour me rendre compte ! Si à l’époque où je vivais dans une maison, vous m’aviez dit que je vivrais dans 12 mètres carrés, je ne vous aurais jamais cru. On nous a dit dès l’enfance qu’il fallait vivre dans une maison ou un appartement et c’est à peu près toutes les options qui sont disponibles. Toutes les autres sont originales, bizarres, regardées de travers par mal de gens. J’aimerais qu’on ai la possibilité de tester ces nouveaux modes de vie, ne serait-ce que par une location pendant les vacances. On a encore la chance de pouvoir le faire par plaisir et non par nécessité comme ce sera surement le cas dans quelques années. Il est important de saisir cette opportunité ! »

  • Quelles sont les différences au quotidien entre votre Tiny House et une maison plus classique ?

« Il y a d’énormes différences ! Par exemple, avant, la météo et les saisons avaient un impact sur mon moral mais objectivement ça ne changeait pas ma vie. Aujourd’hui, quand il pleut, j’entends les gouttes tomber sur mon toit et c’est un réel plaisir. Pas besoin d’enregistrement du son de la pluie pour pouvoir dormir, je l’ai de manière naturelle. Lorsqu’il fait beau et que le soleil apparaît, j’ouvre mon toit et je vis dehors ! Ma petite bulle de confort au milieu d’un environnement hostile quand il pleut ou qu’il vente est super agréable à vivre au quotidien. »

  • Votre premier livre, Mes Nuits Sauvages, est sorti en Février 2021, quel message souhaitez-vous faire passer dans ce premier ouvrage ?

« Avec ce premier livre, j’ai voulu expliquer comment je suis passé d’une vie dans une grande maison à une vie dans 12 mètres carrés en pleine nature. Pourquoi j’ai décidé de plaquer ma vie conventionnelle pour vivre en camion, puis équipée seulement d’un hamac dans la forêt. Je souhaite réellement que mon expérience serve à endiguer la peur encore trop présente autour de ces hébergements éco-responsables non-conventionnels. J’aimerais qu’un maximum de personnes essayent la vie minimaliste et je suis sûre que beaucoup trouveront leur bonheur comme je l’ai fait ! »

  • Des projets à venir ?

« Un deuxième livre sortira prochainement et racontera plus concrètement ma vie en Tiny House. Les petites galères, les moments de bonheur intense, je veux vraiment raconter le quotidien dans une petite maison au plus près de la nature ».

Un grand merci à Sylvie pour ce partage d’expérience de vie en Tiny. Son livre est disponible en librairie ou sur internet depuis fin mars. Nous souhaitons voir de plus en plus d’habitats écologiques et en particulier de Tiny House sur notre territoire. Nous sommes convaincus que des aventures comme celles de Sylvie peuvent créer des déclics et encourager nombre d’entre nous à revoir nos idéaux !

Ce petit récit vous a donné envie d’expérimenter la vie en Tiny House ? Rendez-vous sur AgriVillage.fr pour réserver une expérience de quelques jours dans une de nos Tiny à la ferme.

Catégories : Agritourisme

L'équipe AgriVillage

AgriVillage est une startup française souhaitant redynamiser l’agritourisme en France. Cette plateforme permet aux amoureux de la nature de séjourner chez un agriculteur, avec la garantie de découvrir ce métier passionnant à travers un échange et une activité avec l'hôte.

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