Les défis de l’agriculture face à l’eau

Publié par L'équipe AgriVillage le

Lorsque l’on sait qu’il faut en moyenne 1 500 litres d’eau pour produire 1kg de blé, il semble logique de s’interroger sur la consommation d’eau du secteur agricole. 

Plus inquiétant encore, la FAO prévoit que les besoins en eau de l’agriculture augmenteront de 50% d’ici 2050 pour satisfaire la demande alimentaire accrue de la croissance démographique.

Ajoutez à cela le fait que la consommation d’eau en agriculture représente déjà 70% de la consommation mondiale d’eau et nous voilà en plein scénario catastrophe direction une fin du monde imminente. 

Heureusement, chez AgriVillage, on est plutôt orienté solution. Donc pas de panique, notre intention n’est pas de vous laisser en plan avec des images de planète toute desséchée en tête, on a des solutions ! 

Changer les modes d’irrigation 

Aujourd’hui, à l’échelle de la planète, 17% des champs sont équipés d’un dispositif d’irrigation. Cela peut sembler peu mais ils fournissent à eux seuls 40% de la production mondiale. 

On ne peut donc évidemment pas imaginer se passer d’irrigation, mais ne pourrait-on pas imaginer changer les systèmes actuels ? 

La technique d’irrigation la plus utilisée est l’irrigation par aspersion. Or, avec l’aspersion, une partie de l’eau vaporisée sur le champ finit par tomber sur des feuilles et s’évaporer alors qu’une autre partie arrive bien jusqu’à la terre mais pas assez proche du pied de la plante pour être absorbée par celle-ci. 

La solution de remplacement serait donc le goutte à goutte de surface qui permet d’économiser 15% d’eau par rapport à l’irrigation par aspersion et 10% supplémentaires s’il est enterré. Les systèmes de goutte à goutte enterrée ont d’ailleurs l’avantage de permettre le passage d’engins de labour et de récolte sur les terres de céréales. 

Ainsi, à la place d’un système d’irrigation qui envoie de l’eau à profusion en espérant que les plantes en absorbent une quantité suffisante, les agriculteurs pourraient calculer la quantité d’eau précise dont la plante a besoin et la lui apporter directement au niveau de son pied. 

Arrêter avec les monocultures et préserver l’humidité du sol

Au cours de l’année 2019, 67% du territoire métropolitain français a été concerné par des mesures de restriction d’eau. 

Lors de la semaine de l’eau de cette même année, Le WWF a lancé un appel à sortir de notre modèle agricole qui favorise les monocultures. Ces modes de culture ont en effet la désastreuse conséquence d’appauvrir les sols qui perdent alors de leur capacité à retenir l’eau. 

Dans leur livre “L’eau que nous sommes”, Pierre Rabhi et Juliette Duquesne citent l’exemple de Benoît Biteau, un agriculteur qui a repris les champs de maïs irrigué de son père pour y pratiquer de la polyculture en agroforesterie. Il a ainsi multiplié la capacité de rétention de ses sols par 5 à 10 fois et économise aujourd’hui l’équivalent de la consommation en eau d’une ville de 7 000 habitants par an ! 

Une autre solution serait donc de privilégier des techniques de conservation des sols telles que les prairies ou l’interculture qui permettent de ne jamais laisser les terres à nues. Ces techniques ont l’avantage de préserver l’humidité du sol puisqu’il est alors couvert en permanence de végétaux.

Choisir des espèces végétales et animales adaptées aux différentes régions

Lorsque l’on parle d’une espèce végétale qui est adaptée ou non à un espace géographique on pense souvent à la température. Est-ce qu’on peut planter des bananiers dans un endroits enneigé en hiver ? Non. Est-ce qu’on peut planter des salades sous le soleil plombant du Mexique ? Non plus. 

Si cet aspect de l’adaptabilité lié aux températures est assez connu, celui en lien avec la consommation d’eau de ces mêmes végétaux, lui, l’est beaucoup moins. Par exemple, saviez-vous qu’il faut 100 litres d’eau pour produire 1kg de pommes de terre contre 400 litres pour produire la même quantité de maïs ? C’est exactement 4 fois plus !

On imagine alors sans peine l’impact très différent qu’une culture de salades (25 litres d’eau pour 1kg de salade) peut avoir sur les réserves d’eau environnantes en comparaison avec l’impact d’un champ de blé (1 500 litres d’eau pour 1kg de blé).

Et pour ce qui est de la production de viande, elle requiert entre 6 et 20 fois plus d’eau que celle des céréales (car les animaux en sont nourris !) sachant que cela dépend bien évidemment beaucoup du degré d’industrialisation de l’élevage.  

Il est donc primordial, au moment de choisir les espèces végétales et animales à cultiver et élever dans un espace, de prendre en compte les ressources d’eau à disposition. Et parce que le choix des agriculteurs se doit aussi d’être basé sur la loi de l’offre et la demande, il est aussi important pour nous, consommateurs, d’être conscients des différences des termes de consommation d’eau et d’adapter – sans extrêmes – nos habitudes alimentaires. 

Développer des systèmes fermés

Une autre solution, de plus en plus développée par les compagnies de high-tech mais aussi par certains agriculteurs en low-tech est la production en circuits fermés. 

L’exemple le plus intéressant est sûrement l’aquaponie, un système où les plantes sont irriguées en circuit fermé par de l’eau qui provient d’un aquarium où se trouvent des poissons. On a alors un écosystème équilibré entre culture de végétaux et élevage de poissons puisque les plantes se nourrissent des excrétions des poissons et, en retour, purifient l’eau, ce qui permet aux poissons de garder un environnement sain. 

L’homme, lui, n’a alors plus qu’à nourrir les poissons et récolter ses légumes et du poisson frais.

Il existe encore bien d’autres solutions qui sont déjà sur le terrain et d’autres encore qui sont en cours de développement pour permettre à l’agriculture de diminuer sa consommation en eau. 

Dans tous les cas, il ne faut pas, en aucun cas, baisser les bras et se laisser aller au désespoir. Les solutions sont là. A nous maintenant d’aider nos agriculteurs à les appliquer.

Catégories : Agriculture

L'équipe AgriVillage

AgriVillage est une startup française souhaitant redynamiser l’agritourisme en France. Cette plateforme permet aux amoureux de la nature de séjourner chez un agriculteur, avec la garantie de découvrir ce métier passionnant à travers un échange et une activité avec l'hôte.

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